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29 octobre 2008

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12 septembre 2006

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25 juillet 2006

-origine du nom al hoceima

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C est un piege linguistique qui consiste a croire qu'alkhozama (la lavande) est à l'origine du nom d'Al Hoceima, tout simplement parce que cette plante était très abondante sur le site de la ville et ses environs.


Les Espagnols qui ont fondé Al Hoceima sur le site appelé tijdit (terre sableuse) sur une partie de la presqu'île, l'ont appelée Villa Sanjurjo à partir d'avril 1926 jusqu'à l'indépendance sauf de 1932 à 1936 où elle portait le nom de Villa Alhucemas(1).

Sanjurjo était le général qui avait dirigé le débarquement de l'armée espagnole dans la région. Mais au début de l'indépendance, et à l'instar d'autres villes dont on a changé le nom comme Port-Lyautey, Petitjean, Louis Gentil…(respectivement: Kenitra, Sidi Kacem et Youssoufia), il fallait bien changer celui de «Villa San Jurjo» qui, en plus d'être étranger, rappelait aux marocains le mauvais souvenir du débarquement sus cité et de la colonisation espagnole.

L'état a alors choisi «Al Hoceima» qui viendrait, dit-on, d'alkhozama. Pourtant, n'est-il pas plus logique et plus sensé de chercher l'origine en faisant le rapprochement avec le toponyme espagnol« Alhucemas »? l'histoire, l'étymologie et la topographie de la région renforcent cette thèse à plus d'un titre d'ailleurs.

En fait, Le terme «Alhucemas» est antérieur à sa variante marocaine «Al Hoceima». Les Espagnols ont utilisé ce vocable pour désigner la baie et les îlots(2) de Nokor (ou d'Almazemma) qu'ils appellent encore de nos jours «Los peñones de Alhucemas» (Les rochers d'Alhucemas). Et la ville elle-même ne l'ont- ils pas appelée- comme il est cité plus haut- «Villa Alhucemas»? Ce nom (Alhucemas) n'est, en effet, que le résultat d'une déformation espagnole continue de celui de la ville d'Almazemma indiquée, à juste titre, sur les cartes espagnoles du XVIème siècle par le vocable «Almazimas». Remarquons la ressemblance entre ce dernier et le nom marocain par la présence de l'article arabe «al» au début, le «z» et le «m» bien qu'il y ait un changement.

Les îlots d'Almazemma, quant à eux, étaient indiqués au XVIIème par le terme «Albouzaines»(3) qui serait une autre déformation (changement de sons concernant voyelles et consonnes). Cependant, il est à souligner sa ressemblance avec Almazimas par la marque du nombre (le «s» du pluriel), la présence du même article arabe «al» au début et celle du «z» ainsi que le «m» devenu «n». Au XIXème, le plus grand îlot et la baie s'appelaient déjà Alhucemas(2).

En outre, la prononciation du terme Almazemma en dialecte rifain amazigh «remzemmeth» montre qu'il s'agit d'un nom singulier féminin mais irrégulier puisqu'il a un seul «t» (celui de la fin) pour marquer le genre. Le nom veut dire «enregistrement» ou «lieu d'enregistrement», dérivé du verbe «zemmem» (enregistrer). A ce stade, la question qui s'impose est: le lieu servait à enregistrer quoi? Et là on ne peut s'empêcher de penser aux marchandises, donc au rôle commercial que jouait le port d'Almazemma qui était au début sur l'île(4) Nokor appelée aussi par certains historiens Almazemma(5). Ce port était le plus proche de la ville de Nokor, la nouvelle capitale des Bani Saleh, située alors à douze kilomètres au sud de ce port. Devenu plus grand sur le site en face de l'île, donc plus important pour l'émirat, il est qualifié de port de Nokor(4).

Mais c'est l'île qui est à l'origine du nom de la ville(4) grâce, sans doute, à la fonction remplie au tout début du port embryonnaire. Le port est ensuite suffisamment florissant à l'échelon commercial et maritime puisqu' il est qualifié de «plus important centre maritime sur la méditerranée entre Mlilia et Sebta»(4). L'émirat s'en inspira sur le plan toponymique de la ville devenue un centre urbain important sur le plan religieux, culturel, architectural et militaire (6 ). Et après la destruction de Nokor, Almazemma est devenue plus importante(7) au point de donner son nom à l'oued(8).

«Enregistrement» pourrait renvoyer également à la fonction que remplissait le «Ribat Nokor» comme premier centre religieux et culturel des Bani Saleh dans la région(9) pour le prêche, les études et peut-être la conversion à la nouvelle religion (avant de devenir également un centre commercial et militaire). Le Ribat était construit à l'endroit dit Agdal, où se rencontraient les oueds Nokor et Ghiss avant l'estuaire, donc pas loin de la ville d'Almazemma,(6) si cette dernière ne l'avait pas intégré à son tissu urbain surplombant l'île, le port et le bassin(6). Tous ces facteurs jumelés à celui de la proximité des îles du site de l'ancienne ville (mais également de l'oued) rend la thèse d'Almazemma plus acceptable que la version d'Alkhozama.

En outre, Malgré la ressemblance de ce dernier mot avec AlHoceima, il faut reconnaître que dans le Nord du Maroc, le phonème (Î: kh [x]) n'est pas un allophone du type (Í: h[h]) comme dans la plaine du Souss mais celui du (Û: gh[r]). Un exemple par la phrase suivante pour expliciter: «j'ai bu» est traduit: swigh ou swikh, selon les parlers, mais jamais: swih.

En conclusion, nous affirmons que le terme Almazemma prononcé et transcrit au début par les Espagnols: “Almazimas», est devenu Albouzaines puis Alhucemas. Les Marocains ont arabisé cette dernière variante en la prononçant Alhoceima pour la substituer à Villa Sanjurjo à la fin des années cinquante (XXème siècle) et en désigner également la baie quelques fois. La ville moderne - fondée par les Espagnols - porte donc actuellement le nom de la ville historique d'Almazemma très ancrée dans l'histoire du Maroc et de la méditerranée occidentale. Son site se trouve sur la côte, en face de l'un ou des trois îlots au sud-ouest de la baie et à moins de dix kilomètres, par la route, au sud-est de la ville actuelle.(10). Aux Espagnols qui n'avaient fait qu'emprunter le nom aux Marocains après l'avoir déformé, ces derniers le leur ont emprunté à leur tour. Espérons que les chercheurs spécialisés dans la région, en l'occurrence en histoire, apporteront plus d'éclaircissements, sur les points traités (mais aussi ceux omis) ci-dessus, et pourquoi pas sous d'autres éclairages.

Notes

(1)Enrique GUERRA, Alhucemas: El nacimiento de una ciudad, traduit en Arabe par Mustapha ELGHADIRI in Tawiza, N°70, p.7. (Nous avons remarqué que beaucoup d'habitants de la province appellent encore cette ville «Biya» (villa). Et l'entrée de la ville elle-même est toujours appelée: la porte de villa Êtagwurt n Biya»).

(2)Ou du moins le plus grand que l'Espagne occupe depuis 1673. Voir: Elie de la Primodie, «Les villes maritimes du Maroc, chapitre I: Le Rif, Revue africaine, N°.16,1872. Traduit en arabe par M. Azeddine El Khattabi, in Annales du Rif, N°2, 1999, p.p.21-23.

(3)Ibidem, p.22.

(4)A.Tahiri. L'émirat des Bani Saleh dans le pays Nokor, ed. Ennajah Eljadida, Casablanca, 1998, p.135.Ê

(5)Ibidem, p.128.

(6)Ibidem, p.134-135.

(7)Ibidem, p.129.

(8)En effet, Ibn Khaldoun appelle les deux oueds du bassin de Nokor (Ghiss et Nokor puisqu'ils se rencontraient avant l'embouchure d'après A.Tahiri, op.cit, p.21,51et127): «Oued Elmazemma». Cité par Tahiri, op.cit, p.174.

(9)Ibidem, p.51, 127 et 134.

(10)Sa situation par les habitants de la région et les chercheurs en histoire ainsi que les vestiges qui en restent concordent pour dire que c'est sur son site (ou une partie) que le Club Méditerranée d' Al Hoceima est construit en face de l'îlot occupé.

 

3 mars 2006

-L'expérience officina

La république du Rif a bel et bien existé même si l'histoire officielle du Royaume du Maroc ne semble pas trop y prêter attention. “Les Rifains avaient un territoire déterminé, un drapeau, une monnaie, une capitale (Ajdir), des institutions...”, confirment de nombreux historiens avant de spécifier que “la légendaire bataille d'Anoual (Juillet 1921) a été pour beaucoup dans l'avènement de cette république”. Les tribus
rifaines, emmenées par leur chef de guerre Mohammed Ben Abdelkrim, ont fait un massacre lors de cet affrontement avec les Espagnols, entre 19 000 et 20 000 morts dans les rangs de l'armée espagnole selon un rapport fourni aux Cortés. “Ce fut, dira Abdelkrim, une bataille d 'une folle sauvagerie qui tourna bientôt à la boucherie”. Dans son ouvrage, Abdelkrim, une épopée d'or et de sang, Zakya Daoud parle de “la plus grande catastrophe militaire de tous les temps pour l'armée espagnole”.

Une armée moderne, ce serait insuffisant
Abdelkrim, auréolé de cette impressionnante victoire, sait qu'il vient de franchir un point de non retour. Lui qui connaît très bien les Espagnols, pour avoir été élevé avec son frère à leurs côtés, ne se fait plus aucun doute “Ils voudront se venger et laver leur honneur”. Son entourage, vu les circonstances, semble inquiet et le lui montre. Même le Chérif Ouazzani, un grand chef de tribu, enthousiaste jusqu'alors, le lui fait dire : “Je suis d'avis que tu cherches à faire la paix avec les Espagnols pour le bien de ces Rifains incultes”. Il faut donc réagir. Dans le souci de défendre au mieux son peuple, il décide de remettre à niveau son armée. “Je vais m'appuyer en priorité sur les 39 000 ouriaghlis, (la tribu dont il est issu), et constituer, à partir d'eux et des meilleurs éléments des tribus, un corps de quelques milliers de réguliers”, ajoutant qu’“on ne peut mener cette guerre qui va s'intensifier, si l'on juge par l'ampleur des renforts espagnols débarqués à Melilla, avec les méthodes ancestrales des harkas, conduites par des chefs de tribu sans cohésion et qui se débandent à la moindre occasion”, Abdelkrim est conscient d'une chose : il faut aller plus loin que réformer l'armée. Assoiffé de modernisme - il qualifie à maintes reprises les Rifains d'arriérés culturellement et scientifiquement - il estime que le moment est venu de leur apporter tout le progrès qu'ils méritent. Il se met à imaginer un grand Rif moderne, riche en routes, écoles, trains… et arrive à la conclusion que le développement passe seulement par la création d'un Etat qui fusionnerait les ressources de toutes les tribus en une seule entité. Dans la même lignée, un rapport secret espagnol de l'époque stipule que Abdelkrim “rêve à la grandeur du peuple musulman et souhaite ardemment l'indépendance du Rif non encore occupé”.

L'Etat, une affaire de famille
Aussitôt, il réunit autour de lui sa famille et ses plus proches collaborateurs seulement, pour leur faire part de son dessein. Abdelkrim est connu pour ne pas faire confiance aux notables rifains, il se rabat toujours sur ses proches. Ces derniers lui font part de leur inquiétude, ne s'attendant aucunement à ce que le chef de famille arrive avec un projet aussi considérable. “Les tâches qui nous attendent sont énormes. J 'ai pensé créer une armée régulière que tu dirigeras Mhamed (son frère). Tu seras aussi mon délégué. Tu géreras avec moi le gouvernement que nous allons constituer et une assemblée unissant toutes les tribus, qui sera le parlement de notre futur état en même temps qu'un conseil supérieur. Toi Abdesslam (son oncle), tu te chargeras des finances. Azekane (son beau-frère), tu prendras en charge les relations extérieures avec Boujibar (son beau-frère). Je pense nommer le caïd Lyazid Belhaj Hamou à l'intérieur et confier la justice au Fquih Mohammed Ben Ali Elouakili, un homme intègre des Bent Taurine ou bien à Temsamani. Zerhouni sera chargé de l'instruction. Boudra s'occupera de la guerre”. Ainsi fut composé le premier gouvernement rifain. Une affaire de famille en somme dont Abdelkrim sera le président légitime. La majorité des tribus lui ont proposé après la bataille d'Anoual de l'élire comme chef. La République confédérée des tribus du Rif est ainsi proclamée, selon les uns et les autres, entre le 18 et le 21janvier 1923.
Soutien international à une république naissante

Les projecteurs du monde entier s'orientent instinctivement vers le Rif. Dans le monde arabo- musulman, Abdelkrim qu'on présente comme un nouvel Atatürk, devient l'idole des foules. A Londres, l'émir Chakib Arsalane le traite de héros d'une nouvelle Andalousie. D'Inde, Gandhi lui apporte également son soutien. “Il y avait naturellement un mouvement de sympathie, d’enthousiasme populaire aux quatre coins du globe et quelques tractations avec des états étrangers mais ça se limitait à cela. La République du Rif n'a pu avoir aucune reconnaissance de la part de pays tiers” nous apprend l'historien Tayeb Boutbouqalt. De son QG d'Ajdir où il est installé avec son gouvernement, dans un grand bâtiment blanc appelé l'Officina ou encore la Mahkma, Abdelkrim dirige son pays comme n'importe quel chef d'Etat de par le monde. D'après Zakya Daoud, “il y supervise tout, reçoit chaque mois des fonctionnaires, des caïds et des cadis. C'est là aussi que siège une fois par mois, sous sa présidence ou celle de son frère, l'assemblée constituée de 80 membres groupant les tribus et dont les pouvoirs sont exécutifs et législatifs”. Pour ce qui est de la forme de I'Etat en question, qui se dit républicain, il ne faut réellement y voir aucune forme précise de gouvernance. “Abdelkrim l'a bien dit (Les mots, République du Rif étaient sympathiques à des partis européens qui me soutenaient, Parti socialiste et communiste français, opposition espagnole et bien d'autres”. Une chose est sûre, l'idéologie qui l'imprègne est bien précise. L'état du Rif est islamique. Un islam moderne qu'Abdelkrim s'évertue à appliquer: il prohibe les mutilations corporelles, institue plutôt des amendes et des peines de prison au lieu de la loi du talion, abolit l'enlèvement des jeunes filles, protège la communauté israélite qui lui voue une extrême reconnaissance.

Les administrations d'une structure éphémère
Sur le terrain, les tribunaux fonctionnent normalement, des impôts sont collectés par des fonctionnaires, la State Bank of the Rif voit le jour, une constitution en 40 articles (brûlée lors de la prise d'Ajdir) est rédigée : l'état rifain prend forme. Ce qui dérange forcément les grands pays colonisateurs, dont essentiellement la France, l'Espagne et l'Angleterre, qui craignent que les Rifains ne deviennent une source d'inspiration pour d'autres. “Ce qui se joue là-bas, c'est toute la puissance coloniale de I 'Europe occidentale et surtout le destin de l'Empire africain de la France” dira par exemple Lyautey. Le 8 juillet 1925, les Français et les Espagnols se mettent d'accord pour écraser la révolte rifaine. Objectif qu'ils vont réussir à atteindre, après de nombreux combats entre, d'une part des Rifains fiers et courageux et d'autre part, deux des plus grandes nations du monde, décidées à mettre en oeuvre tous les moyens nécessaires pour arriver à leurs fins. Résultat, la mort de la République du Rif coïncide logiquement avec la capitulation d'Abdelkrim, le 27 mai 1926. Seulement, Espagnols et Français ont réagi tardivement, puisque la brève expérience rifaine servira réellement d'inspiration à la résistance marocaine, ainsi qu'à d'autres un peu partout dans le monde... jusqu'au Vietnam.

23 décembre 2005

-Résumé général de l'histoire du Maroc

Antiquité

Les Phéniciens, commerçants entreprenants, s'installent sur les côtes du Maroc dés le XIe siècle av. J.-C. et fondent des ports-comptoirs comme Tingi (Tanger) ou Lixus (Larache).

Les Romains s'y installent vers le IIe siècle av. J.-C., après la destruction de Carthage mais ils ne conquièrent qu'en 40 le royaume des Maures qui devient la Mauritanie tingitane. Leur domination se limite aux plaines du nord (Volubilis près de Meknès), ayant à lutter sans cesse contre les Berbères montagnards. Au IIIe siècle, ils se cantonnent dans les régions côtières.

Les Berbères de l'Afrique du Nord

Cette population habite le nord des pays du Maghreb : le Maroc, l'Algérie et la Tunisie ainsi que les sud de l'Espagne, du Portugal et les îles Canaries. La plupart d'entre-eux préfèrent le nom d’Amazigh ou hommes libres. Leur histoire est mouvementée. Le terme berbère a été imposé par les arabes et les français.

Cette population habitait déjà les montagnes et les déserts des milliers d'années avant que l'Islam y soit introduit au VIIe siècle. Ces populations sont les descendants des maurisius, fondateurs de l'empire Cartagien, ou celui de Mauritanie tingitane dont la capitale est Tingis (Tanger actuellement). Leurs principales villes préhistoriques : Tingis, Ceuta, Malaga, Melilla, Tetouan, Asila, Cadix, Agador, Arzew, Tizi Ouzou, Bijaya, Setif... toutes situées dans le Maghreb et le sud de la péninsule ibérique.

Royaume de Nekor

Le royaume de Nekor était un émirat dans la zone qui correspond au Rif actuel au Maroc, avec une capital au début à Temsamane puis plus tard à Nekor. Il a été fondé par un immigré d'origine arabe méridionale, Al-Himyari de Mansour d'ibn de Salih en 710, par succession califale. Il convertit les tribus locales berbères à l'islam. Fatigué par les restrictions de la religion, ils le chassent en faveur d'une personne connue sous le nom d'az-Zaydi de la tribu de Nafza. Les Berbères changent d'avis et rappellent ensuite Ibn Salih. La dynastie des Banu Salih règne sur la région jusqu'en 1019.

À l'est, le royaume inclut les tribus de Zouagha et de Djeraoua d'Al-’Ais d'Abi d’ibn, à cinq jours de voyage de Nekor, encadrant au territoire du Matmata, Kebdana, Mernissa, Ghassasa du mont Herek, et de Qulu’Jarra, appartenant au Beni Ourtendi.

À l'ouest, il est prolongé au Beni Marwan de Ghomara et au Beni Humayd, et a encadré le Mestassa et le Senhaja. Derrière elle s’étendais jusqu’à l'Awraba, la bande de Ferhun, du Beni Oulid, du Zenata, du Beni Irnian, et du Beni Merasen de la bande du seigneur de Qasim de Sa.

Au nord, il était limité par la mer, à environ cinq milles de Nekor. En résumé, il occupait une certaine partie du rif marocain.

Les souverains Banu Salih furent :

  • Salih I ibn Mansur al-Himyari "al-’Abd as-Salih" (710-749)
  • al-Mu’tasim ibn Salih (749-?), connut pour être très pieu.
  • Idris I ibn Salih (?-760), qui decouvrit Nekor
  • Sa’id I ibn Idris (760-803) , qui a déplacé la capitale à Nekor. Sous son règne, Nekor fut saccagée par les Normands, qui capturèrent beaucoup de prisonniers, dont quelques uns qui furent rachetés par le souverain omeyyade d'Espagne. Plus tard, une partie de la tribu de Ghomara s'est révolté, mené par une personne appelée Segguen ; leur révolte a été mattée.
  • Salih II ibn Sa’id (803-864), dont le frère a mené une révolte contre lui, mais a été vaincu.
  • Sa’id I ibn Salihibn (864-916) ; son frère et oncle plus âgés ont mené une révolte non réussie contre lui, mais il a été finalement vaincu et tué par le Général fatimide Messala ibn Habus, qui a conquis le secteur durant six mois. Cependant, ses fils ont fui à Malaga auprès du calife omeyyade, et sont revenus une fois que Messala était parti de la région et chassa avec succès sa garnison.
  • Salih III ibn Sa’id (917-927) ; En remerciement, il a reconnu les califes omeyyade légitimes, de ce fait il transfère son allegeance nominale.
  • Abd Al-Badi ibn Salih "el-Mu’ayyid" (927-929) ; il a été vaincu et tué par un autre général fatimide, Musa ibn Abi’l-Afiya, qui a encore détruit Nekor. Cependant, la ville a été reprise et reconstruite par
  • Abu Ayyub Isma’il ibn ’Abd al-Malik ibn Abd ar-Rahman ibn Sa’id I ibn Salih (930?-935), qui a été vaincu et tué par encore un autre général fatimide, Sandal el-mawla. Cependant, quand Sandal est parti pour Fez, installant un gouverneur appelé Marmazu de la tribu des Ketama, les habitants se sont rebellés et installèrent à nouveau un autre membre de la dynastie.
  • Musa ibn Roumi ibn Abd as-Sami’ ibn Salih ibn Idris I ibn Salih (936?-940), qui a défait Marmazu et a envoyé sa tête au Calife omeyyade à Cordoue. Cependant, il a été bientôt exilé par son parent :
  • Abd as-Sami’ ibn Jurthum ibn Idris ibn Salih I ibn Mansour (940-947). Son peuple se revolta et le tua. Le peuple fit venir un de ses parent de Malaga.
  • Jurthoum ibn Ahmad ibn Ziyadat Allah ibn Sa’id I ibn Idris (947-970), qui adopta l’ecole de jurisprudence malékite.

Dès lors, le royaume demeura sous cette souveraineté jusqu'à ce que l'émir Azdâji Ya’la ibn Futuh l'ait conquise en 1019 et ait chassé la famille regnante.

Période pré-coloniale

  • 1894 : mort de Moulay-al-Hasan, proclamation du nouveau sultan, le jeune Moulay Abd el-Aziz. Mais la réalité du pouvoir appartient à Ba Ahmed, ce qui montre l’influence des éléments noirs dans les affaires marocaines.
  • 1900 : les finances marocaines prospèrent grâce aux résultats de l’action économique de Moulay al-Hasan. Cela garantit au Maroc l’indépendance nationale.
  • 1900 : mort de Ba Ahmed qui est remplacé par le prodigue Moulay Abd el-Aziz. Ces dépenses favorisent l’intervention des organismes de crédit européen dont la banque de Paris et des Pays-Bas.

La présence française

1856 les pressions europeenes sur le maroc aboutissent a un rigoureux traite commercial entre l'angleterre et le maroc offrant ainsi de grands avantages a l'empire britannique

  • 1902 - 1912 : la pénétration économique européenne s’intensifie à tel point que le sultan Moulay Hafid, frère de Moulay Abd el-Aziz, est contraint de signer en 1912 le traité de protectorat qu’est la convention de Fès.
  • 1907 : les forces françaises doivent intervenir pour protéger les nationaux.
  • 1907-1910 : Hubert Lyautey pacifie le Maroc oriental, le général Drude qui succède au général Amade doit pacifier le Maroc occidental
  • 1911 : les troupes françaises doivent dégager le Sultan assiégé dans Fès. Cette intervention déclenche la seconde crise marocaine.
  • 1912 : Hubert Lyautey est nommé résident général de France, ce qui provoque le soulèvement de tribus. Moulay Youssef remplace le sultan Moulay Hafid, il voit son autorité sur le Maroc affermie.
  • [(1953)] : Emeutes populaires à Casablanca durement réprimées : le gouvernement français craint une extension aux autres villes marocaines. Le sultant Mohammed Ben Youssef refuse d'abdiquer : les autorités françaises déposent le souverain et le condamne à l'exil à Madagacar. Le gouvernement français installe au Palais de Rabat Mohammed Ben Arafa, parent éloigné de Mohammed Ben Youssef : il est agé de 70 ans. L'Espagne de Franco, non prévenue de cette manoeuvre, refuse de reconnaître sa légitimité. La zone marocaine sous domination espagnole allait devenir ainsi pour les nationalistes marocains en fuite un sanctuaire d'où ils organisèrent des opérations de résistance contre la présence française.
  • [(1955)] : La France, empétrée dans les conflits coloniaux en Indochine et en Algérie, décide d'aborder la question marocaine. Edgar Faure,¨Président du Conseil, négocie avec Mohammed Ben Arafa : des pré-pourparlers de négociation sont menés à Aix les Bains (Savoie) entre le 22 et le 26 août entre, côté marocain : Si El Hadj El Mokri, Grand Vizir, Si Kolti, délégué du Grand Vizir aux PTT, Si Thami El Mosbi, délégué du Grand Vizir aux Finances, Si Berrada, Vizir adjoint au Grand Vizir pour les affaires économiques, Si Abderrahaman El Hajoui, Directeur adjoint au protocole et S.E. Hadj Fatemi Ben Slimane, acien pacha de Fez, et côté français : Edgar Faure, président du Conseil, Antooine Pinay, Ministre des Affaires étrangères, Robert Schumann, Garde des Sceaux, Pierre July, Ministre des Affaires marocaines et tunisiennes et le Général Koenig, Ministre de la Défense nationale. Le sultan Moulay Ben Arafa démissionne le 1° octobre 1955. Le 16 novembre le sultan Mohammed Ben Youssef , accompagné de son fils Moulay Hassan, futur Hassan II, revient à Rabat. Il entame aussitôt des discussions avec le gouvernement français au chateau de la Celle-Saint-Cloud.
  • 1956 L'indépendance du Maroc est proclamée le 2 mars. Le sultan Sidi Mohammed ben Youssef prend le titre de roi Mohammed V. Hassan II lui succéda puis, actuellement, Mohammed VI.

La Première Guerre mondiale

  • 1915: Hubert Lyautey reçoit l’ordre de Paris de retirer les troupes de l’intérieur pour les envoyer en France. Cette évacuation semble prématurée dans la mesure où la pacification se heurte encore à des mouvements rebelles soutenus par les Allemands.

La Guerre du Rif

Entre 1921 et 1926, le Rif se révolte contre l'Espagne, puis contre la France. En 1921, ils ont écrasé les forces espagnoles dans la fameuse bataille d'Anoual. Même le chef suprême des forces espagnoles, le général Silvestre a été tué, de grandes quantités d'armes et de munitions ont été confisquées. Et en 1922, Abd el-Krim proclame la République confédérée des Rifains. Madrid et Paris ont alors recours à des armes chimiques pour mater la rébellions. Les armées rifaines se sont rendues en mai 1926. Abd el-Krim est exilé sur l'île de la Réunion jusqu'en 1948.

9 décembre 2005

-Le 09/11/2005 Manifestation de solidarité avec l’hebdomadaire TelQuel

Plus de 300 personnes se sont rassemblées, le 8 novembre 2005, à Casablanca, pour manifester leur solidarité avec l’hebdomadaire indépendant marocain TelQuel. Depuis le mois d’août 2005, TelQuel a été condamné à des amendes cumulées de 1 960 000 dirhams (180 000 euros).

Parmi les participants à cette action se trouvaient des associations de quartiers et de jeunes, ainsi que des représentants du Comité de la liberté d’expression et de la presse. Cet organisme, nouvellement créé, rassemble, entre autres, le Syndicat national de la presse marocaine, mais aussi des membres de partis politiques de gauche, d’associations de défense des droits de l’homme, d’ATTAC Maroc et du Forum vérité et justice

19 septembre 2005

-Témoignage de Mohand Sillam Amezyane (1926-1996) PARTIE 1

Le Rif entre la monarchie, l'Armée de libération nationale et le parti de l'Istiqlal est un ouvrage paru au Maroc en 2001. Il porte sur l'histoire politique du Rif du 19e siècle jusqu'à la révolte de 1958-1959.

L'ouvrage a soulevé des vives polémiques dans la presse marocaine. La nouveauté de ce livre est une interview, jusqu'à présent inédite, que l'auteur a pris le soin d'ajouter à la fin de son ouvrage. Le document contient des témoignages authentiques sur le rôle du parti de l'Istiqlal (nationaliste arabe) dans les crimes commis au Rif entre 1958 et 1959 et sur une période importante de lutte contre le colonialisme. Ces témoignages sont ceux de Mohand Sillam Amezyane (1926-1996). L'interview est faite peu de temps avant sa mort en exil aux Pays-Bas. Ci-dessous la traduction complète, faite par H. Amouch avec l'aimable autorisation de l'auteur du livre, Mustapha Aarab. Prière de respecter les droits de l'auteur.





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Interview inédite


Quelle était votre relation avec Abdelkrim Khattabi ?

L' intérêt que je porte à Abdelkrim Khattabi a commencé dès mon enfance. Je suis né le jour de son exil (1926). Mes parents et notre communauté parlaient souvent de lui. La situation dans laquelle nous vivions à l'époque rendait les choses faciles pour en parler. Mais mon contact direct avec lui s'est fait le jour où j'ai mis mes pieds au Caire. Le peuple marocain parlait beaucoup de lui à cette époque; ce qui a poussé la France et l'Espagne à prendre les mesures nécessaires.


Mohand Sillam Amezyane
Avant ce contact au Caire, j'avais essayé de le rencontrer en compagnie de quelques jeunes hommes parmi lesquels mon frère. Mais, lorsque nous nous sommes mis en route pour le Caire, les autorités espagnoles m'ont interdit de quitter le Maroc tout en autorisant les autres à poursuivre leur chemin. Mon frère et moi sommes rentrés à Fès. Mais je n'avais pas de travail. Je venais juste de finir mes études.

J'étais en contact avec un professeur algérien de l'école industrielle dans la nouvelle ville. J'étais à cette école aussi. Nous discutions souvent du sujet d'Abdelkrim. Son père était un fidèle d'Abdelkrim. De son temps, il pensait lui-même à déclencher une guerre en Algérie. Pour l'aider, il avait envoyé un groupe de combattants. Nous connaissions chacun par nom. L'Algérien m'a dit qu'Adbelkrim avait terrifié les Français et que ces derniers avaient décidé de s'occuper de la modernisation de l'enseignement arabe et de sa généralisation dans la campagne et dans les villes marocaines. Ils voulaient s'occuper de l'enseignement pour contrer la révolte et la résistance du peuple. Mais comment pouvaient-ils y parvenir? Abdelkrim était un révolutionnaire et les Français ne pouvaient pas arrêter sa révolution. On entendait les gens en parler dans les cafés et dans la rue.

Mon ami m'a donc dit que l'inspecteur avait décidé de réorganiser l'enseignement moderne pour les enfants. J'ai profité de cette occasion pour me présenter, moi et quelques autres candidats. L'expérience ainsi que les leçons étaient nouvelles pour nous. J'aimais les études et j'ai décidé donc de suivre un enseignement à l'école industrielle. J'ai passé mes examens finaux en présence du professeur algérien et de l'inspecteur. J'ai eu de la chance de réussir. Nous étions deux à passer : un tunisien et moi-même, parmi quelque quarante étudiants... Suite à cela, on m'a offert un poste dans la même école à Boujloud. Mais l'inspecteur m'a convaincu d'aller au village Bamhamad. On voulait introduire l'enseignement dans la campagne. Ainsi, je me suis trouvé dans ce village qui était actif pendant la révolte d'Abdelkrim et de son frère.

Je voulais donc en savoir plus sur ce village du sud. Il y avait cinq caïds dont certains ont aussi servi au temps d'Adbelkrim. Mais le village est devenu un centre actif de collaboration. Le commandant était un espion. Les enfants de Bamhamad étaient aussi des collaborateurs. Le caïd soufi qui fut prisonnier de guerre au temps de la guerre au Rif, est devenu aussi un collaborateur. Je l'ai rencontré. Je me suis présenté en tant que Tangérois (de Tanger). J'ai caché mon identité rifaine.


Abdelkrim Khattabi


J'ai donc commencé mon travail et peu à peu j'ai pu gagner la confiance des caïds. J'ai commencé par leur organiser des leçons sur l'histoire du Maroc chez moi. J'ai fait la même chose avec les élèves et les fonctionnaires. La situation générale du village s'améliorait peu à peu. Mais le directeur de l'école me tracassait toujours. Il ne m'aimait pas. Un jour, j'ai appris que le Résident général de France allait visiter notre village en compagnie des dirigeants marocains. On s'est mis à préparer une grande fête de réception. On disait que les visiteurs allaient parler du Trône. On avait désigné un candidat. C'était un disciple des Ketanis [1] qui était aussi professeur à Fès. Je le connaissais par hasard. Puisque je maîtrisais l'arabe, on m'a choisi donc pour tenir le discours d'ouverture devant le Résident Général et devant les fonctionnaires.

J'ai rédigé deux discours. Le premier contient la présence de la France au Maroc et ses efforts de développement du pays... Après moi, viendra le tour du Commandant, des fonctionnaires et du Juge. J'ai gardé le deuxième discours pour moi-même afin de le lire devant le Résident Général. Fidèle à la réalité du pays, mon discours contenait tout à fait le contraire. Il y avait une centaine de pachas et de caïds. À peine le juge a fini son discours que je me suis précipité à prendre la parole. La plus part des invités comprenait l'Arabe. Ils se sont interrompu et m'ont coupé la parole. Au soir, lorsque je suis rentré chez moi, le Résident Général est venu m'annoncer qu'il m'était interdit de quitter mon foyer jusqu'à nouvel ordre. Après deux ou trois jours, le Gouverneur de Fès est venu me voir en compagnie du pacha Fatmi Ben Sliman et de la police. On m'a interdit de voyager à Tanger.



Est-ce que vous vous souvenez de la date de cette arrestation?

Ce doit être 1948 ou 1949. Enfin, je possède encore toutes les notes sur cette période. J'ai passé un mois dans le village. Il y avait un fonctionnaire originaire de Fès, monsieur Benani. C'était un ami qui avait des connections avec les services secrets français. Peut-être travaillait-il pour eux, qui sait ! Un jour il est venu me raconter que monsieur [...] (secrétaire de la Résidence générale dont j'ai oublié le nom) a décidé de m'expulser vers Tanger. Mais, à l'époque Tanger était une zone internationale. Il aurait été donc impossible aux Français de m'emprisonner ou de me livrer aux autorités espagnoles. Ceux-ci me cherchaient aussi. Deux personnes m'emmenèrent donc par train pour passer la frontière franco-espagnole à Ksar Kébir. Ils m'ont mis dans la cabine du conducteur car la douane ne la contrôlait pas. Ma femme et ma fille, née au village Bamhamad, étaient avec moi. À Tanger, j'ai trouvé refuge chez le mari de la sœur de ma femme. C'est dans cette ville que ma relation avec Abdelkrim a commencé.



Vous êtes l'un des dirigeants de la révolte de 1958-1959. L'histoire officielle du Maroc ne dit rien à propos de ces événements. Parlez-nous un peu de votre relation personnelle avec Abdelkrim. Est-ce qu'il y avait ce qu'on peut appeler une continuité historique entre sa révolte des années vingt et celle que vous avez conduite en 1959-1958 ?


Abdelkrim Khattabi
Oui bien sûr, il y avait continuité. Je reprends donc à partir de mes premiers contacts avec Abdelkrim, des contacts indirects. À Tanger, il existait une bibliothèque à Oued Aherdan. Cette bibliothèque était gérée par un homme originaire du sud. On l'appelait Zizi. C'était un homme éduqué. Il était aussi connu par ses positions nationalistes. Les autorités françaises le tracassaient. D'où son refuge à Tanger. Je le visitais régulièrement. Un jour, je lui ai demandé des magazines et des journaux en provenance du Machreq (Orient). Le magazine al-Mosawir (égyptien) m'intéressait beaucoup. Il commença à rire: " Al-Mosawir porte des bombes. Abdelkrim y publie ses articles. Il les met entre la première et la deuxième page et il me les envoie. Les douaniers n'ont jamais soupçonné quelque chose. " Je lui ai demandé si les articles pénètrent dans les régions occupées. C'était le cas. Je lui ai demandé de me laisser ouvrir une autre agence de sa bibliothèque à Tétouan, zone sous contrôle espagnole.



Grâce à l'aide d'anciens amis, Mezyane et Zeryouh (ils étaient en contact avec les autorités espagnoles car ils faisaient partie des négociateurs entre l'Espagne et Abdelkrim en Égypte), j'ai réussi à m'installer à Tétouan à condition de ne pas rentrer au Rif. Je commençais donc à distribuer la littérature et les articles d'Abdelkrim. Un journaliste originaire de Mèknes, qui travaillait à la Radio de Tétouan, les diffusait lui aussi. Mon partenaire était Abdeslam Tawd. Il fut enlevé et assassiné plus tard. Lui aussi faisait partie des négociateurs entre l'Espagne et Abdelkrim en Égypte.



Qui l'a tué ? Les Espagnols ?

Non, non. Le parti de l'Istiqlal l'a enlevé. Il a été torturé par Torres, Allal Al-Fassi et Mehdi Ben Barka. Ils le torturaient tout en s'amusant de son corps. Il criait terriblement et les insultait. Ceci m'a été raconté par une autre personne enlevée, originaire de Tétouan et qu'ils avaient libérée. Dans le même centre de torture, il y avait aussi d'autres prisonniers dont on n'a jamais plus entendu parler. Ils ont disparu définitivement. Parmi eux figure le nom de Haddou Aqchich, un ancien combattant originaire du Rif. Ils assistaient tous aux sessions de tortures. Ils exprimaient beaucoup de joie à torturer les prisonniers : Abdelkhaleq Torres, Allal Al-Fassi et Banouna... Parfois Mehdi Ben Barka était présent.

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